Spondylolisthésis

Qu’est ce qu’un spondylolisthésis ?

Spondylolisthésis signifie glissement d’un corps vertébral (étymologie grecque : spondulo=vertèbre, listhésis=glissement). Ceci est responsable de la perte d’alignement des corps vertébraux : il existe un décalage entre deux vertèbres. Les étages les plus souvent touchés sont L4L5 et L5S1.
Il existe 2 causes principales de spondylolisthésis :
• Dégénératif : en lien avec le vieillissement naturel des structures du dos. L’arthrose développée au niveau des articulaires postérieures des vertèbres, ainsi que l’usure des capsules articulaires, du disque et des ligaments fragilisent les éléments stabilisateurs et entrainement le glissement de la vertèbre.
• Par lyse isthmique : une partie de l’arc postérieur de la vertèbre, l’isthme, n’est pas soudée. Cette non fusion favorise le glissement de la vertèbre.

Ce glissement vertébral entraine une sur sollicitation des articulations postérieures ce qui explique les lombalgies. Ce glissement augmente les contraintes sur le disque, qui est situé entre les vertèbres, ce qui participe aussi aux douleurs lombaires.
Le spondylolisthésis, à cause de la perte d’alignement des vertèbres, entraine aussi une compression des nerfs, source de douleur dans les membres inférieurs.
Il existe une classification en 4 grades ; le grade 1 étant le moins important et le grade 4 le plus important.
Le spondylolisthésis peut passer inaperçu ou être minimisé sur l’IRM ou le scanner car ces examens sont réalisés couchés, d’où l’intérêt d’effectuer des clichés radiographiques du rachis debout et des clichés dynamiques.

En quoi consiste l’intervention ?

Il s’agit d’une chirurgie d’arthrodèse, c’est à dire de fusion vertébrale. L’objectif de la chirurgie est d’obtenir la fusion entre les vertèbres afin de les bloquer définitivement et de soulager les douleurs lombaires. Cette chirurgien est proposée lorsque le traitement conservateur n’est plus efficace (rééducation, antalgique, infiltration).

Cette fusion osseuse est réalisée grâce à la mise en place d’une cale entre les corps vertébraux. Cette cale est remplie de greffons osseux hétérologues. Une greffe postérieure avec de l’os autologues est également mise en place. Le temps d’obtenir cette fusion, une ostéosynthèse à l’aide de vis et tige est réalisée pour permettre une mobilisation immédiate. Les vis sont insérées dans les pédicules des vertèbres.

Une décompression des nerfs est réalisée dans le même temps chirurgical afin de soulager les douleurs des membres inférieurs.
La chirurgie permet dans certains cas de réaligner les vertèbres mais cela n’est pas toujours nécessaire.
La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale. Vous êtes levé le jour même de la chirurgie. Un drain pour éviter l’hématome musculaire peut être mise en place et retiré le lendemain de la chirurgie.

Dans la majorité des cas cette intervention est réalisée par des techniques mini invasives. Vous aurez donc 2 cicatrices, de part et d’autre de la ligne médiane, au niveau du dos. Dans certains cas cette technique ne peut pas être réalisée et vous aurez alors une cicatrice unique au milieu du dos.

L’intervention est-elle douloureuse ?

En générale, cette intervention est peu douloureuse.
Il peut exister des douleurs musculaires post opératoire, en lien avec l’écartement des muscles. Une prise en charge multimodale, en collaboration avec nos anesthésistes est mise en œuvre pour soulager cette douleur. Ces douleurs disparaissent d’autant plus vite que l’on se mobilise après l’opération.
Les techniques mini invasives permettent de diminuer les douleurs d’origines musculaires.
Il peut également exister, dans les premiers jours, des douleurs ou des fourmis dans les membres inférieurs, reproduisant les douleurs préopératoires. Ces douleurs disparaitront avec la reprise de la marche et de l’activité. Elles sont liées au fait que le nerf « garde en mémoire » le message douloureux.

Quels sont les bénéfices de la chirurgie ?

L’objectif de la chirurgie est de diminuée d’au moins de moitié les lombalgies et les douleurs des membres inférieurs. La chirurgie ne permet pas toujours de faire disparaître toutes les douleurs mais elle permet d’en contrôler une partie. S’il existe un déficit neurologique préopératoire, celui ci ne peut pas toujours récupérer après la chirurgie, surtout s’il existe depuis longtemps.

Quels sont les risques de cette intervention ?

Les complications théoriques sont très nombreuses et de gravité variable, comme pour tout intervention chirurgicale. Néanmoins ces complications sont rares et la chirurgie vous est proposée lorsque les bénéfices escomptés sont supérieurs aux risques du geste.

Les principales complications sont :

• le risque d’infection du site opératoire (<1%) : ce risque diminue avec les techniques mini invasive. Cette complication peut amener le chirurgien a effectuer un lavage au bloc opératoire et dans de rare cas a effectuer l’ablation du matériel. Le traitement est mise en place en collaboration avec les médecins infectiologues.

• Le risque de brèche durale (<5%) : c’est à dire de faire un trou dans le sac qui contient les nerfs et d’entrainer une fuite de liquide céphalorachidien. Ce risque augmente dans les reprises chirurgicales. votre chirurgien sait faire face à cette complication et suturer cette brèche. Cependant cela peut entrainer des maux de tête en position debout pendant quelques jours. L’évolution est en générale spontanément favorable sur quelques jours.

• Le risque neurologique (<1%) : il s’agit de troubles sensitif ou moteur en lien avec les décompressions nerveuses ou la mise en place du matériel. Ces troubles sont transitoires dans la majorité des cas. Ils peuvent nécessité une ré intervention précoce.

• Le risque d’hématome compressif : rare. Il se manifeste par des douleurs importantes et un déficit neurologique précoce. Une reprise chirurgicale rapide est nécessaire.

• A long terme, le risque de pseudarthrose (<10%) : c’est à dire le risque de non fusion osseuse. Ce risque est très augmenté chez les patients fumeurs. La pseudarthrose peut entrainer une faillite du matériel et la réapparition de douleurs

• Les complications liées à l’installation au bloc opératoire (oculaire, compression de nerf ou de vaisseaux) et liées à l’anesthésie
La feuille de la SFCR vous a été remise pour plus de renseignements.

Peut-on reprendre une vie normale après cette intervention ?

Oui, il faut d’ailleurs reprendre rapidement vos activités quotidiennes afin de solliciter vos muscles. Le port de charge lourde et les activités de force vous seront contre indiquées au début, mais les activités de la vie quotidienne et les exercices physiques sans charge doivent être débutés rapidement afin de rééquilibrer les muscles et de protéger la colonne vertébrale. La reprise de vos activités associée au geste technique chirurgical favorise le bon résultat clinique de l’opération.

Pour information :
Techniques chirurgicales dans le traitement des spondylolisthésis par lyse isthmique et dégénératifs : principes communs et spécifiques
W. Thompson, A. Cogniet, A. Léglise, J. Rigal, J.-C. Le Huec

Centre de Chirurgie Endoscopique du Rachis

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